Travaillons tous ensemble pour un mieux vieillir collectif

POINT DE VUE / L’auteure, Isabelle Nantais, est présidente du conseil d’administration du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA). Elle réagit ici à une chronique de Réjean Hébert intitulée «Bien vieillir ensemble», publiée dans nos éditions du 9 mai dernier.

Un intervenant déplorait dans vos pages le 9 mai que les personnes âgées de plus de 65 ans vivent en relative autarcie dans des milieux de vie qui vont du CHSLD aux ressources intermédiaires, en passant par les HLM pour personnes âgées et les résidences privées pour personnes âgées (RPA). La solution avancée par cette personne consisterait à éviter les «ghettos» en remettant en question de concept de RPA pour demander plutôt aux promoteurs de développer des immeubles intergénérationnels.

La mixité sociale est une chose souhaitable à nos yeux. Mais contrairement à l’approche prônée, les propriétaires de RPA ne cherchent pas à imposer leur modèle d’habitation ou tout autre modèle unique qui forcerait les citoyens à la cohabitation dans des immeubles intergénérationnels. Nous reconnaissons à tous, jeunes et moins jeunes, la liberté de choisir le style de vie qui leur plaît, que ce soit dans une maison unifamiliale, dans un immeuble locatif, en condominium, en coopérative d’habitation ou en RPA.

Les personnes âgées qui vivent dans différents types de RPA ont choisi cette forme de logement assortie des services qui leur permettent de vivre la vie qu’elles souhaitent. Elles renouvellent librement leur bail à chaque année, parce qu’elles sont satisfaites et heureuses du milieu de vie qui les accueille, tel que révélé par de nombreux sondages de satisfaction de la clientèle. Certains semblent penser que les RPA sont isolées du reste du monde alors que ce sont des complexes parfaitement intégrés dans leur communauté, très souvent à proximité de commerces, de parcs, de garderies et d’écoles. Une panoplie de programmes et de formes d’entraides existe entre les aînés en RPA et leur communauté environnante. D’ailleurs, la grande majorité des bénévoles, partout au Québec, est constituée de personnes âgées et bon nombre d’entre elles habitent en RPA.

Imposer aux personnes plus âgées, comme à quiconque d’ailleurs, une forme d’habitation, peu importe laquelle, reviendrait à pratiquer une forme d’âgisme et de discrimination. Chacun d’entre nous se doit de demeurer libre de vivre où bon nous semble. La solution unique n’est pas une option. D’ailleurs, les RPA ne constituent pas une forme de logement qui convient à tout le monde ni une offre d’habitation homogène. C’est un modèle qui répond à des attentes et à des besoins divers, où habitent présentement plus de 165 000 Québécoises et Québécois qui en sont largement satisfaits. Une chose est certaine : le respect des libertés individuelles passe par la possibilité de choisir où et comment une personne veut vivre. Les RPA constituent une option parmi tant d’autres et offrent une partie de la solution multifacette à la crise démographique historique que le Québec affrontera au cours des prochaines décennies.

La polarisation des uns et des autres n’a pas sa place à l’heure des grandes décisions sociétales; nous avons le devoir collectif de travailler, ensemble, pour s’assurer d’un vieillissement heureux.

Source : https://www.lenouvelliste.ca/

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