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Dignité des aînés : Des états généraux pour enfin agir

Dignité des aînés : Des états généraux pour enfin agir

ROSE-MARY THONNEY, PRÉSIDENTE DE L’ASSOCIATION QUÉBÉCOISE DES RETRAITÉ(E)S DES SECTEURS PUBLIC ET PARAPUBLIC (AQRP) ET PORTE-PAROLE DE LA COALITION POUR LA DIGNITÉ DES AÎNÉS, ET CINQ AUTRES SIGNATAIRES*

Si la pandémie a démontré une chose, c’est l’état de vulnérabilité parfois extrême dans lequel se retrouvent les aînés du Québec. Ceux-ci ont été frappés de plein fouet par une crise sanitaire qui a contribué à les fragiliser davantage.

Des enquêtes aux mandats spécifiques ont été lancées, à juste titre, pour faire la lumière sur ce qui a pu à ce point mal se passer, notamment dans les CHSLD. Il fallait le faire. Des sommes intéressantes ont également été dégagées dans le dernier budget d’Eric Girard afin de déployer davantage le maintien à domicile. C’est un bon début.

Nous, de la Coalition pour la dignité des aînés, qui représente près de 150 000 personnes aînées, invitons le gouvernement et l’ensemble des acteurs concernés à pousser la réflexion collective un cran plus loin. Il est temps de tout mettre sur la table. Il est temps de retourner toutes les pierres. Il est temps de cesser de « pelleter par en avant ». Nous demandons à la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, et au premier ministre, François Legault, la tenue d’États généraux sur les conditions de vie des aînés.

Ce ne serait pas un luxe. Cinquante ans après la création du système de santé et de services sociaux tel que nous le connaissons aujourd’hui, il nous apparaît plus que nécessaire de nous pencher, ensemble, sur les conditions de vie des aînés. Le fruit est mûr. N’attendons pas qu’il soit pourri avant d’agir. Il est temps de consulter les aînés pour mieux saisir leurs besoins et leurs attentes.

Le temps ne joue pas en notre faveur. D’ici quelques années, si nous n’agissons pas, le vieillissement de la population demandera au système des efforts titanesques pour répondre aux besoins, avec ce que ça comporte en matière de coûts, certes, mais également sur le plan des ressources humaines. Nous ne pouvons tout simplement pas demander aux employés du réseau (médecins, travailleuses sociales, infirmières, travailleurs communautaires, préposés aux bénéficiaires, etc.) de travailler toujours davantage dans les mêmes conditions systémiques.

SE METTRE EN MOUVEMENT

Le Québec est capable de grandes choses lorsqu’il y a une volonté sincère de bouger. Nous l’avons prouvé à de nombreuses reprises.

Nous croyons que toutes les bonnes volontés – et il y en a beaucoup ! – doivent être mobilisées dans la même direction. Pour nous mettre en mouvement, il est essentiel de faire un état des lieux large et collectif.

Le message doit être clair, et l’adhésion, forte. Pour mobiliser, il faut se rallier. Autrement, nous allons nous heurter à un mur. Depuis de nombreuses années, faute d’agir, nous réagissons à la pièce aux enjeux reliés au vieillissement. Souvent trop tard. Comme l’a démontré la pandémie, cette gestion à court terme est irréaliste et insoutenable.

D’ores et déjà, la Coalition pour la dignité des aînés propose 38 solutions, articulées autour de quatre grandes priorités : la santé, la défense des droits, les finances et la participation citoyenne.

Il n’y a aucune bonne raison de ne pas avoir cette conversation. Ça nous concerne tous.

* Cosignataires : Lise Lapointe, présidente de l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ) ; Pierre Lynch, président de l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) ; Andrée Lamontagne, présidente du Regroupement interprofessionnel des intervenantes retraitées des services de santé (RIIRS) ; Mireille Beaulac, présidente de l’Alliance des associations de retraités (AAR) ; et Laurent Aubin, président de l’Association québécoise des directeurs et directrices d’établissement d’enseignement retraités (AQDER)

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