Résister à la cruauté qui vient

Au temps des catastrophes, il est temps que les personnes aînées résistent à la cruauté qui vient. La crise dans les CHSLD nécessite de nommer notre présent, mais le nommer autrement.  

Produire du nouveau est la condition de la résistance. Prenons l’exemple de la tenue des États généraux sur les conditions de vie des aînés. Cette table ronde, qui s’est déroulée le 3 mai dernier à Québec, représente un moment décisif, voire une journée historique pour l’avenir des aînés. Il s’agit d’une démarche collective qui a mobilisé collectivement un peu plus de 90 personnes représentant 45 organisations issues du milieu associatif, politique et de la société civile. 

Cette démarche a permis à l’ensemble de ces acteurs, dont l’AQRP, de faire le point sur la communauté des personnes aînées et de réfléchir pour tirer des apprentissages collectifs. 

Rapport accablant du Protecteur du citoyen

Mener une mobilisation collective nécessite toutefois de s’interroger sur les conditions de sa nouveauté. La résistance des personnes aînées s’inscrit dans une crise sanitaire et humaine amplifiée par la pandémie de la COVID-19. Lacunes, détresse et maltraitance dans les CHSLD sont les constats que le Protecteur du citoyen a établis dans son rapport, publié au printemps 2020. Il s’agissait des mois les plus meurtriers qui ont tué près de 4000 aînés en CHSLD. 

N’oublions pas non plus que le Protecteur du citoyen a également publié dans le même intervalle un rapport spécial faisant état de la complexité du mécanisme d’accès à l’hébergement public. Deux ans plus tard, la vérificatrice générale nous apprend que les aînés en grande perte d’autonomie n’auront pas tous accès à un CHSLD ni à des services suffisants au sein de ces hébergements dans les prochaines années. 

Penser et vivre autrement

L’enjeu commun de cette problématique est de penser et vivre autrement. Il n’y a pas lieu de discuter ni de débattre sur un mode conflictuel avec le gouvernement qui reproduit les conditions de la catastrophe. 

Selon la philosophe Isabelle Stengers, penser autrement implique le « refus déterminé de partager leur mode de perception ». En tant qu’aînés, il importe donc de nous placer ailleurs, d’instaurer comme principe une différence en apprenant à parler et à questionner différemment, à produire des discours qui ne sont pas ceux du pouvoir. 

Comme en fait mention la Déclaration commune, point culminant des États généraux, nous devons marquer le début d’une révolution dans la manière de répondre aux besoins des aînés. 

source : tvanouvelles.ca

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