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COVID-19 : DE NOUVELLES RESTRICTIONS
Capture d'écran La Presse du 16 septembre 2020

COVID-19 : DE NOUVELLES RESTRICTIONS

Tommy Chouinard, Fanny Lévesque, La Presse.

« La situation est critique », prévient le premier ministre du Québec, François Legault. Quatre régions de plus passent au code jaune en raison d’une hausse des cas de COVID-19. Et « c’est sûr qu’on va avoir du orange sous peu », ce qui mène à de nouvelles restrictions et interdictions, prévient le Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique. Compte rendu.

75 % de la population en zone jaune

Les trois quarts de la population québécoise se retrouvent maintenant en « préalerte ». Aux prises avec des cas de COVID-19 en hausse, les régions de Montréal, de la Montérégie, du Bas-Saint-Laurent et de Chaudière-Appalaches passent au jaune. Elles rejoignent ainsi Laval, l’Estrie, Québec et l’Outaouais. Aucune région ne se trouve à ce jour en orange, le palier suivant, celui d’« alerte modérée », qui doit entraîner de nouvelles restrictions. Or, selon le Dr Horacio Arruda, « c’est sûr qu’on aura du orange sous peu ».

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a énuméré les mesures qui seraient prises en pareilles circonstances dans les régions concernées : réduction de 10 à 6 du nombre de personnes pouvant se réunir dans une résidence, baisse du nombre de personnes permis dans les lieux publics, fermeture des bars et des salles à manger des restaurants (seuls les plats à emporter seraient permis).

Le Québec a enregistré mardi 292 nouveaux cas de COVID-19 et 5 morts supplémentaires. Le nombre d’hospitalisations a augmenté de 9, pour atteindre 133, dont 23 (+ 4) aux soins intensifs.

Deux nouvelles mesures

Pour le moment, Québec a annoncé deux nouvelles mesures qui entrent en vigueur partout dans la province.

D’abord, il est désormais interdit de vendre de la nourriture dans les bars à compter de minuit – un moyen qu’utilisaient des débits de boisson pour contourner les règles, selon le gouvernement.

« La raison, c’est parce que les gens se croient plus intelligents que les règles, puis ils se disent : “C’est facile, si on veut continuer à vendre de l’alcool, bien on a juste à rajouter des McCroquettes, puis ça va être parfait.” Mais ça ne marche pas comme ça. »

—  Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Dans les résidences pour personnes âgées, il faut désormais porter le masque dans les aires communes, comme les corridors, les ascenseurs et les salles. « Il y aura plus d’interventions policières » et « plus d’inspections » pour faire respecter les consignes sanitaires dans les huit zones jaunes, a ajouté le ministre.

Québec n’entend pas interdire les manifestations « anti-masque » pour le moment – ils étaient des centaines devant le parlement mardi (voir autre texte).

« Appels à la solidarité »

« Très inquiet » de la tendance actuelle, François Legault a lancé « un appel à la solidarité », implorant les Québécois à limiter les rassemblements à la maison et à éviter les partys. Ces regroupements sont responsables de la transmission communautaire du coronavirus que l’on observe en ce moment. « Il faut agir maintenant. Je compte sur vous », a-t-il insisté, adoptant un ton qui rappelait celui des moments les plus difficiles du printemps.

« C’est le temps de penser aux autres. S’il vous plaît, pensez aux personnes vulnérables, pensez à ceux qui attendent une chirurgie, pensez à ceux et celles qui travaillent dans notre réseau de la santé, pensez à nos enfants, pensez aux femmes et aux hommes de familles qui ont besoin de ces revenus-là pour leurs enfants. »

— François Legault, premier ministre du Québec

Il a ajouté qu’« il y a un vrai risque de deuxième vague, une vague assez forte pour qu’on soit obligé de recommencer à confiner les Québécois, et on ne veut pas ça ». Le Dr Arruda a tenu à « cogner sur le clou » avec cet avertissement : « Quand ça flambe dans une deuxième vague, la première vague, c’est de la petite bière par rapport à la deuxième. »

Dubé dénonce… et fait une erreur

Christian Dubé s’en est pris à « l’irresponsabilité de certains individus » qui contribuent à la propagation du coronavirus. En Montérégie, a-t-il souligné, un rassemblement de 17 personnes dans un restaurant a entraîné 31 cas de COVID-19 et forcé le dépistage de 330 clients.

Autre exemple : un barbecue extérieur au mont Saint-Bruno s’est déroulé « sans aucune mesure de distanciation » et sans masque, ce qui a causé cinq infections sur place, sans compter les cas secondaires. « C’est inacceptable. Si les gens ne comprennent pas ce genre d’exemple, je m’excuse, mais ils ne comprendront jamais », a lancé Christian Dubé.

Dans le Bas-Saint-Laurent, des partys étudiants, dont l’un a rassemblé une centaine de jeunes à La Pocatière, ont engendré une quarantaine de cas.

Le ministre Dubé a toutefois erré en disant qu’une coiffeuse « qui savait qu’elle était contagieuse » était responsable de contaminations dans six résidences pour aînés et CHSLD de Chaudière-Appalaches, où elle a coiffé 15 personnes. Il s’est amendé plus tard sur les réseaux sociaux : « On m’indique qu’elle était contagieuse, sans le savoir. » Il a ajouté que, malgré cette erreur, son « message reste clair », à savoir que « chaque individu a sa part de responsabilité et doit respecter les mesures ».

Manque d’infirmières

Malgré ses efforts, le gouvernement Legault ne cache pas que « l’enjeu où [il] est le plus fragile, c’est avec [le] personnel ». Christian Dubé a admis que Québec « n’a[vait] pas eu le temps, avec la négociation syndicale, d’engager tout le monde qu’[il] voulait avoir » pour affronter la deuxième vague. « On a encore besoin d’infirmières », a-t-il précisé.

Mardi marquait la fin des classes pour les 7100 nouveaux préposés en CHSLD. Québec a revu à la hausse le nombre de places disponibles pour sa deuxième cohorte, de 2000 à 3200, pour atteindre son objectif de former 10 000 préposés. Ce groupe entreprendra sa formation le 28 septembre.

« On va être corrects dans les préposés aux bénéficiaires. Les infirmières, ça prend trois ans pour les former […], donc, ça va prendre un certain temps » pour régler la pénurie, a ajouté M. Legault.

Québec attribue également les délais d’attente pour obtenir un résultat à un manque de personnel, mais aussi à une croissance subite du nombre de tests de dépistage. Il disait à la fin d’août que les personnes testées pourraient avoir un résultat dans un délai de 24 à 48 heures. Or, le délai peut atteindre plusieurs jours. Québec veut communiquer le résultat plus rapidement, par courriel ou message texte plutôt que par téléphone, en demandant le consentement aux personnes qui se présentent dans une clinique.

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